09.01.2008

Grise mine et idées noires

Au niveau boulot, il faut bien reconnaître que je suis dans une impasse…

Mes deux coudes sont appuyés sur les "bumpers" d’une voie de garage désaffectée.
Alors je me plains comme si j’avais touché le fond d'un gouffre proche du centre de la terre. Un verre ou deux de trop dans l’oblongue capsule et je vous pleure des larmes d’alligator hors de paupières gonflées de détresse dans le moelleux gilet de sauvetage de votre compassion.

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Ils ont déclaré à la radio qu’à mon âge on a presque cessé de penser à l’homme qu’on voudrait être mais qu’on a pleinement pris conscience de celui qu’on est rééllement devenu.
Depuis forcément a surgit de sa boîte le comptable et son bilan de mi-parcours. Il me somme d’analyser s’il est encore assez tôt pour aller au charbon avec l’espoir d’une solution pour mieux survivre et me préserver pour toute la durée de la deuxième mi-temps.

Un soir à l’heure des tournées de liqueur chez Gaston, un jeune blanc bec propre sur lui que je venais d’abreuver de ma morne complainte, m’a conseillé ceci : Attrape à deux mains la corde de la formation continue vieux, et sacrifie quelques soirées pour la bonne cause, loin de la table ronde du bistrot et des copains. Retourne à l’école des grandes filières et tu referas vite surface au lieu de continuer de rouler ta bosse au fin fond de ta mine. Avec un peu de motivation et de volonté, ton expérience et sur présentation de quelque bon papier de studieux, tu décrocheras un turbin de sans casque aux services administratifs, à la planification ou aux méthodes. Plus de solde pour moins de sueur, de fatigues et de gueules noircies quand sonne la cloche.

Mouais…

Aussi loin que je ma mémoire me porte, assis sur mon cul sans bouger derrière un banc d’école, dix minutes passent et c’est le grand départ pour les rêveries ou les bras de Morphée.
A bien y réfléchir, ça fait dix-sept ans que de ma pioche, je grignote les parois de la même galerie sans avoir eu à ne subir le moindre coup de grisou. C'est certain, je vais finir par percer le plancher de l’Australie et ce jour là il vaudrait mieux que j’en sois! Que voulez-vous, j’aime aller à ma façon jusqu’au bout et au fond des choses. J’ai besoin de poussière, d’obscurité, de couloirs étroits et quand le long des poutres noircies grince l’ascenseur qui remonte des entrailles de ma carrière vers la civilisation, je frissonne encore au premier courant d’air.

De plus, quand je serai transféré à la rôtisserie de Lucifer sur la rive droite du Styx, je me sentirai assez vite un peu comme à la maison…Il paraît qu’ils projettent une extension de leur site suite à une forte hausse de leurs parts de marché. Je pourrai alors certainement encore me rendre utile.

Faudrait vraiment que j’arrête de me plaindre…