20.05.2008

Abroad movie

D'après une scène vécue par Dani...
Un grand merci à elle de me l'avoir relatée.

abroad movie

02.02.2007

Le bavard de l'apéritif

[Egarements pseudo-littéraires]

Ses amphigouris exaspérants, ces billevesées déversées tout azimut à foison, son ton railleur et insoutenable, soulevaient en moi extatique inclination à souhaiter dotation du pouvoir ineffable d'endiguer d'une seule onomatopée le flot syllabique continu épanché par ce moulin à répartie confus. Une frénétique appétence m'agrippa stigmatisée par un courant frisquet parcourant mon pilier de vertèbres. Prestement le museler d'un bâillon de fortune, songeais-je, le vassaliser aux accortes vertus du silence, à la douceur des chuchotis, à la tempérance alcyonienne des messes basses, ne plus avoir à travestir mes envies de bâiller à m’en décrocher la mandibule en portant, à chaque alerte pouvant dévoiler mon ennui mortel, ma coupe de Champagne à mes badigoinces.

Mais ce babil et replet olibrius proférait encore son déluge de salmigondis à un rythme endiablé lorsque que Jean fît enfin son apparition sous la voûte du rustique vestibule.
Je lui fis un signe circonspect et je pus placer, sans manifester moindre mésaise un "Certes !" accompagné d'un hochement de tête affirmatif, nonobstant que je n'eus pas véritablement ouï ni saisi le sens de sa dernière sentence. Quand Jean s'approcha de nous, profitant du fait que mon interlocuteur conglutinant se figea soudain comme un buste de bronze, je fis les présentations. Visiblement ravi de doubler son audience, mon excessif confident volubile d'un soir, reprit de plus belle et avec gouaille, son vibrant et consternant palabre.

Subséquemment aux cinq minutes tributaires des règles élémentaires régissant la bienséance en société, j'argumentai capitulard un besoin naturel pressant pour me soustraire au monologue du quidam envahissant, en passant lâchement l’encombrant témoin de l'épreuve calamiteuse à Jean.

Jean ne me pardonna jamais ce fallacieux subterfuge de fuyard, géminé de ce méprisable abandon.
Mais que voulez vous, il ne me semblât point buvable de me laisser supplanter en bagou et grandiloquence par le premier bougre pompeux venu… Grands Dieux, j'eusse préféré au monologue de ce paltoquet, conversation à rompus bâtons avec un perroquet !


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