11.09.2009

Agent content

Il parait que dernièrement, j’aurais pris un sacré coup de vieux.
Tandis que ma femme elle, semble étrangement rajeunir de jour en jour.
Elle voit régulièrement un amant, j’en suis persuadé…

Alors ce matin au petit déjeuner, de manière plutôt directe, je lui ai demandé:

- Dis donc ma chérie, tu es très en beauté aujourd’hui encore.
Il va falloir me donner l’adresse de ton agent conservateur !

Elle a souri et m’a répondu:

- Tu as raison mon lapin, je vois bel et bien un certain agent mais plutôt du genre immobilier. Il passe parfois par ici pour accomplir une mission secrète pendant que tu fais des heures supplémentaires. Et son adresse, tu la connais certainement déjà. Car cet agent secret, c’est ton habile supérieur hiérarchique…

Je ne suis pas laissé démonter. J’ai tourné les talons en lui annonçant :

- Allez, je crois que j’ai moi aussi besoin d’un bon coup de jeune.
Je vais immédiatement aller vendre mon âme à ce démon de midi qui m’a fait une offre des plus alléchantes.
Il aurait semblerait t’il même, un bon job pour un type aussi patient, expérimenté et flexible que moi…


Photo Vieux.jpg

19.07.2006

Requiem pour un gentilhomme

Très chère Marie-Clémentine,

J'ai été fort attristée d'apprendre en lisant votre faire part, le décès subit de votre mari, l'archiduc Tremplain de la Jaretière.

medium_chateau.jpgJ'aimerais vous dire à quel point je partage votre profonde douleur face à cette inestimable perte pour notre communauté que représente la disparition de ce très estimé gentilhomme de haut rang.

Je suis d'autant plus peinée car j'estimais faire partie des ses plus proches amies et confidentes et j'ai régulièrement pu, au cours de sa longue existence lui prouver que je méritais toute sa confiance.

J'espère vivement que cette période de deuil, de solitude et de recueillement ne durera point longtemps et que votre chemin sera très vite à nouveau éclairé de lumière et égayé de sourires.

Je profite de ce courrier pour vous avouer enfin que j'ai été pendant de longues années la maitresse favorite de feu votre époux. De grâce, ne le prenez pas mal, car il n'a jamais ne serait ce que plus d'une minute sérieusement songé à vous abandonner pour me rejoindre et partager avec moi, autres délices de l'existence que ceux dégustés dans l'intimité de mon modeste lit à baldaquins. Je me sens donc à mon tour aussi un peu veuve en ce triste jour.

Soyez certaine qu'en aucune manière je n'ébruiterai cette très discrète relation. A aucun prix je ne me permettrais de salir sa mémoire. Cet homme était peut être un séduisant cavaleur infidèle, mais il avait grand cœur et savait couvrir ses nombreuses conquêtes de somptueux cadeaux. De temps à autres, il abusait quelque peu de l'hydromel au point de ne plus pouvoir rentrer à cheval pour rejoindre votre lit conjugal au château.

Dans mes souvenirs, il est certain qu'il restera gravé dans les sommets du classement des bons vivants.

Je suis d'ailleurs certaine que là ou il est à présent, sitôt arrivé, il fait déjà la fête avec les anges un bon verre d'alcool dans une main, et tâtant une paire de fesses rebondies de l'autre...

J'espère que vous ne me tiendrez pas rigueur devant ces aveux et vous adresse encore, très chère Marie-Clémentine, mes plus sincères condoléances.

Bien à vous,

Marie-Clothilde de Branlebourg