19.11.2007
Petit conte d'hiver
Il était une fois, par un beau matin d'hiver, un grand méchant loup qui avait très faim.
Comme il avait déjà mangé la grand mère et la chèvre de monsieur Seguin, avalé les sept chevreaux et depuis belle lurette englouti les trois petits cochons , il devait absolument partir chasser pour se rassasier et calmer sa fringale avant de se rendre au mariage de Hänsel et Gretel.
Il avait neigé toute la nuit de la fenêtre de madame Hollé et il faisait très froid. Il enfila les belles bottes qu'un chat lui avait offert, revêtit sa peau d'âne et pris ses moufles qui étaient posés sur le petit napperon rouge sur la grande commode du living. Il ouvrit la porte de sa tanière et empoigna sa pelle en bois dormant dans un coin pour enlever toute la blanche neige qui obstruait le passage.
Un fois que le travail fût fait, il poussa un hurlement de satisfaction et se lança dans la forêt. Il chercha en vain une proie mais il resta désepérément le ventre vide. Il n'y avait rien à se mettre sous les crocs. Chemin faisant , il rencontra le petit poucet qui poussait une poussette qui lui donna quelques pièces pour qu'il puisse aller au fast-food se remplir un peu l'estomac en attendant victuaille plus diététique…
Quand il arriva à la cérémonie tout le monde était déjà là. Il y avait même parmi les convives Merlin l'enchanteur, Bozo le clown, maître renard, Cendrillon et la vilaine sorcière et c'est un orchestre composé des musiciens de Brême et d'un joueur de flûte qui mettaient de l'ambiance…
Pendant le banquet de la noce , le loup s'empiffra tellement qu'il fit une terrible indigestion. Il fallut immédiatement lui faire une anesthésie totale et lui ouvrir le ventre. C'était une question de vie ou de mort.
La grand mère , la chèvre de monsieur Séguin , les sept chevreaux et les trois petits cochons purent être sauvés.
Puis on lui a rempli l'estomac avec des grosses pierres et on lui a fait vingt points de suture...
Moralité : Les mariés furent heureux et le loup n'eût plus jamais de faim de loup et tout fût bien qui finit bien comme toujours.
Voilà et maintenant il faut dormir mon pt'it loup
12:49 Publié dans Garage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, grand, méchant, loup, conte, fable, légende
24.07.2006
Des mots qui frappent
Le week-end passé, avec ma bourgeoise chérie, nous sommes allés nous entasser avec plus de trente cinq mille autres bipèdes dans un grand festival en plein air : Le Paléo festival de Nyon.
C'est pour nous une petite tradition estivale, il faut bien prendre l'air de temps à autres, même sous un soleil de plombs, parce que regarder tourner les poissons dans l'aquarium à l'ombre des volets du salon c’est sûr, ça va un moment...
Ca permet aussi de tester son potentiel de résistance à l'agoraphobie et de renifler un peu de saine poussière pour bétonner sa tubulure respiratoire et renforcer ses défenses immunitaires.
Et puis quand il y a alerte canicule, comme je suis plus près d'être une personne âgée en péril que d'être un adolescent pré pubère attardé, "ils" disent qu'il faut boire même quand on n'a pas soif. Heureusement les organisateurs de la manifestation ont tout prévu : Il y a des pompes à bière fraîche tous les trente deux mètres pour éviter la déshydratation fatale...
A un moment nous nous sommes entassés dans la tente de la plus intimiste des quatre scènes. C'était pour voir le spectacle d'une sorte de poète géant accompagné par légères touches d'un quatuor à cordes, d'un piano électrique ou d'une guitare acoustique, bien entendu avec les musiciens nécessaires derrière chaque instrument, ça va sans dire.
Le Monsieur perché sur l'estrade, d'une voix profonde et magnifiquement hypnotisante alignait de percutantes phrases, avec des rimes superbes et intelligentes à un rythme martelant l'intérieur des tempes. Avec une régularité de métronome ce mec modeste et positif parvenait de son énorme talent et son énergie à faire parcourir à travers tout mon corps des frissonnements intenses. Le public présent respectait un grand silence pour que personne ne rate un seul de ses mots durant ses performances. Ce type de poésie finement ciselée s'appelle du slam.
Dans mon humble opinion, il s'agit là d'une expérience ou d'une découverte de grande qualité que je ne peux que conseiller à tous ceux qui sont pourvus d'une paire d'oreilles directement reliées au centre de traitement des émotions !
Plus tard, alors qu'on attendait dans la foule amassée et serrée devant la grande scène pour le concert de la tête d'affiche de la journée, nous étions comme d'habitude bousculés par ceux qui s'acharnent à traverser la foule déjà dense pour tenter, en piétinant quelques tongs et ce qu'il y a autour, d'atteindre un point de vue mieux centré devant la scène.
A un moment un quidam, le portable collé à l'oreille, tentait lui aussi de fendre à coups d’épaules les spectateurs, pour semble t'il rejoindre une connaissance qui devait probablement lui faire des signes de la main au loin... C'est à cet instant que ce passant dit à haute voix dans son téléphone à son interlocuteur :
... Non je ne te vois pas ! Tu pourrais au moins me faire des signes intelligibles...
Contraste ? Là-dessus j'ai une hypothèse qui se défend : Même toutes proportions gardées, celui là il n'était pas aussi talentueux avec la langue et les mots que le grand maître que nous avions, plus tôt, eu la chance d'apprécier à sa juste valeur...
18:40 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grand, corps, malade, slam, concert, paléo





