30.10.2009

Espace grossier, planète convenable

- Tu vas où et tu fais quoi ce week-end ?

- Je pars le plus loin possible, j’ai besoin d’espace ! Quelque part où aucun être humain ne risque de venir me casser les … « pieds » !

- Tu veux dire que tu vas aller t’isoler, à l’écart de toute créature mortelle au beau milieu d’un lointain désert ?

- Oui c’est bien cela, parce qu’après une semaine « surchargée de crotte » telle que celle qui vient de s’écouler, moi les « troufignards » sur guiboles, j’en ai ras le « récipient », plein le « fessier » !

- Un programme étrange mais toutefois fort intéressant ! Un week-end en reclus loin de toute civilisation, pourquoi pas ! Et que vas-tu faire en tout premier, une fois arrivé sur place ?

- Mon plan est le suivant : D’abord le voyage, puis son but :
Je m’éloigne aussi loin que possible de toute « andouille » qui pourrait avoir l’idée de me coller au « postérieur », pour passer le plus clair de son temps à tuer, à me poser des « tapineuses » de questions à la « niaise » et qui de toute manière de chacune de mes réponses, s’en bat allégrement les « bourses » ! 
Puis à mon arrivée dans le havre de paix, je commence par décompresser en criant à très haute voix chaque ligne d’une longue liste de gros mots que j’ai dans ma poche et que mon self-control hebdomadaire sera parvenu à retenir d'exprimer clairement en public jusque-là !

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13.10.2009

La promenade des vieux jours

 

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-          Dis mon poussiéreux crapouillot d’amour. On pourrait sortir se promener un peu ? C’est dimanche et il fait beau…

 

-          Mais ma biche en nougat, regarde dehors, il pleut comme vache qui pisse de beau matin.

 

-          Ho l’antique pachyderme que voilà ! Tu me dis ça parce que tu ne veux pas décoller ton gros cul du canapé !

 

-          Ecoute ma grosse limace engourdie, si tu ne distingues plus les gouttes de la pluie, c’est qu’il te faut des lorgnettes grand angle !

 

-          Je vois suffisamment bien pour pouvoir contempler toute la splendeur de ta mauvaise foi, vétuste vestige d’athlète !

 

-          Mais tu devrais y aller toute seule ma cocotte amphibie, faire cette excursion sous ce déluge, et moi je resterai là, prêt à appeler les secours et la police fluviale...

 

-          Je crois que je vais renoncer, car j’ai bien trop peur, mon cher prince charmant périmé, que tu ne puisses pas trouver la force nécessaire pour parcourir les six mètres qui te séparent du combiné !

 

-          Ah enfin mon ensorceleuse défraîchie, tu entends mon appel à la prudence, et te résignes à ne pas aller braver cataclysme et inondation ! Voilà une attitude sage et honorable !

 

-          Oui finalement je vais rester au sec au pied de l’imposant mur étanche de ta perfidie, mon bigleux fossile. Mais je t'avoue que par le passé, je t’ai connu plus sensible au plus petit des rayons de soleil.

 

-          Je te suis reconnaissant de ne pas me laisser seul ma dinde antédiluvienne. Tiens, pendant que tu te sens animée par cette prodigieuse activité, tu ne pourrais pas aller me chercher une bière fraîche dans le réfrigérateur ?

 

 

 

01.10.2009

L’anti héraut

 

 

 

 

porte voix.jpgOyez, oyez braves gens, approchez jouvenceaux et jouvencelles, à moi citoyens et citoyennes !

 

 

Je vais ici faire lecture d’une dépêche rédigée à votre attention, par votre bien-aimé gouvernement.

 

 Dès ce jour et durant tous ceux qui suivront, veuillez noter que nous serons beaucoup plus intransigeants avec les intolérants, les agitateurs et les contradicteurs !

 

Afin de nous donner les moyens de lutter contre les effets de la crise actuelle, nous allons devoir réduire notre largeur d’esprit au strict minimum : L’étroitesse sera désormais la seule norme encore en vigueur !

 

La rigidité, la rigueur, la persécution et l’incompréhension remplaceront avec effet immédiat, l’indulgence, la mansuétude et la flexibilité !

 

 

Les rouspéteurs, les indignés, les bornés et les farouches, fidèles à leurs habitudes, qui forcément pour la forme seront en parfait désaccord avec toute nouvelle mesure et voudront le clamer haut et fort, ceux et celles qui s’aviseraient de manifester leur mécontentement et qui tenteraient de former des attroupements de bonnes gens puis de chercher à les influencer négativement, ces révolutionnaires, terroristes du verbe et fauteurs de trouble, chers citoyens et citoyennes, seront arrêtés sur le champ par d’intraitables fonctionnaires, jetés tels les malpropres qu’ils sont dans les geôles humides du palais, traduits en injustice, puis sévèrement punis à de lourdes peines.

 

Comprenez bien, remuantes et contestataires entités du petit peuple, que les temps sont durs pour tout le monde ! Alors ne faites pas chier le président et sa cour quand ils bossent et puis surtout vos gueules les râleurs de tous bords et aussi tant qu’à faire allez : La ferme, la brochette d’abrutis de l’opposition!

 

28.09.2009

Maître et Talons

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- Dites-moi grand Maître, dans votre incommensurable mesure, avez vous déjà été hanté par d’incessantes et intrusives tentations lubriques ?

 

- A mon sens,  fidèle adepte, ta question trahit de grands questionnements qui inlassablement te tarabustent. Te serais-tu ainsi laissé taquiner par quelques pensées salaces ?

 

 

 

 

 

- Certes, je l’avoue grand Maître ! Et je n’ai point trouvé la voie pour chasser de mon esprit, ces obsessionnels et impurs sentiments au point que je pourrais m’auto-flageller des nuits entières.

 

- Patience, mon dévoué élève, sache que les chemins de la chasteté ne sont pas consignés dans les cartographies de l’âme. Mais tu découvriras sans doute un jour toi aussi, le passage de l’abstinence, je suis confiant…

 

- Vous en êtes sûr grand maître, je veux dire : Dur comme fer, à l’instar des manifestations de mon brûlant désir envers votre servante ? Mais où donc, trouvez-vous toute cette force pure pour lui résister, Grand Maître ?

 

- Vois-tu, loyal apprenti, je vais te faire une confidence de Grand Maître à bizut, c’est n’est pas moi qui lui résiste, c’est elle qui tourne les talons à chaque fois que je lui propose une petite culbute…

 

 

16.09.2009

La touche du chef


- Allo ? Bonjour ! J’ai un gros problème avec l’un de vos produits...
- Bonjour cher client ! Pour parler à l’un de nos chefs de produit, tapez le 1 !

- Mon automobile toute neuve est subitement tombée en panne et j’ai du l’abandonner près d’un chantier
- Pour communiquer avec l’un de nos chefs de chantier, tapez le 2 !

- De plus je n’ai pas pu faire autrement que la garer en double file….
- Pour papoter avec l’un de nos chefs de file, tapez le 3 !

- Il se pourrait que le joint de culasse soit en mauvais état
- Pour bavarder avec un chef d’Etat, tapez le 4 !

- Heu rassurez-moi, le service après-vente, c’est bien votre rayon ?
- Pour palabrer avec l’un de nos chefs de rayon, tapez le 5 !

- Vous allez bien m’envoyer l’un de vos spécialistes en mission ?
- Pour jaboter avec l’un de nos chefs de mission, tapez le 6 !

- Pour moi l’essentiel c’est que je puisse rouler, le reste c’est votre cuisine interne !
- Pour discourir avec l’un de nos chefs de cuisine, tapez le 7

- Sinon j’exigerai d’être remboursé, et votre poubelle peu fiable là, je vous la rends !
- Pour babiller avec l’un de nos chefs de rang, tapez le 8

- Dites, m’envoyer une dépanneuse est bel et bien dans vos projets immédiats ?
- Pour jacasser avec l’un de nos chefs de projet, tapez le 9 !

- Vous ne pourriez pas me passer un collaborateur qui bosse à l’atelier plutôt que me proposer l’un de vos nombreux chefs là ?

- Pour tout autre brin de causette, tapez le zéro et attendez qu’un chef d’atelier veuille bien intercepter cette communication…

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14.09.2009

Partie sans laisser de maladresse

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Deux quarantenaires entament leur quatorzième pinte au bistrot du coin :

 

- Tu connais la dernière ? Hein ? Et ben ma femme, elle m’a quitté hier …

Et puis elle ne m’a rien laissé, même pas une photo d’elle !

 

-          - Aïe ! Mon pov’vieux, alors là ch’compatis ! Tu veux que ch’te dizzzze ?

Il ne pouvait rien t’arriver de piiiiiiiire ! Tu vas en chier grâaaaaave…

Pass'que tu sais c’qu’on dit dans ces cas là, hein ?

Vaut mieux l’avoir en photo, qu’en pension alimentaire !

 

 

 

20.08.2009

Le retour de la cigale

- Avez-vous pris des vacances cet été Monsieur Cigale ?

- Non non, selon mes habitudes, j’ai chanté toute la saison Madame Fourmi !

- Chanté ? Voilà qui me semble bien imprudent. Que ferez-vous lorsque l’hiver sera venu ?

- Cet hiver ? J’ai pour projet d’entrer en studio pour enregistrer de nouvelles chansons pour mon prochain album.

- Ah vous avez donc décroché un contrat avec une grande maison de disques ?

- Oui, et c’est d'ailleurs moi même, en personne qui ai composé le tube de l’été sobrement intitulé « le chant des cigales »

- Eh bien maintenant que vous le dites, je crois  bien en avoir entendu le refrain, et à plus d’une reprise !
Alors pour cet hiver vous êtes à l’abri, je veux dire, tranquille côté logement et nourriture ?

- Bah oui je ne manquerai de rien. Les droits d’auteur tout ça vous voyez… Comprenez, moi l’usine, le stress, la hiérarchie, ce n’est pas tant ma tasse de nectar… Je n’ai pas votre inépuisable énergie, suis incapable d'aller jusqu'à soulever trois fois mon propre poids et courir toute la sainte journée comme vous le faites. J’aime prendre du bon temps, composer sérénades et mélopées pour embellir les dures journées de tous les ouvriers de ce monde…
Mais trêve de bavardages,  j’imagine Madame que votre pause ne va pas durer indéfiniment et que vous devez vite aller reprendre votre place de maillon essentiel dans cette belle société... Alors je vous le signe où et à quel nom ce petit autographe ?

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28.07.2009

Quincaillerie romanesque

 

- Alors, donnez-moi une bobine de fil bien solide s’il vous plaît ! C’est pour filer le parfait amour !

Et puis mettez moi aussi, un poisson dans de l’eau claire, un banc en chêne pour que nos pieds ne touchent plus terre.

Ah et j’y pense, ajoutez à ma commande une capsule pour aller lui décrocher la lune…

 

- Ah mais voyez-vous cher client, je n’ai plus que de vieux bouts de ficelle, du poisson pané et congelé, une chaise de jardin rouillée et bancale et une plaquette de comprimés périmés contre le mal des voyages. Vous me prenez quand même tout le lot ?

 

- Oh que non, et vous m’en voyez navré cher Monsieur, mais même si je ne dispose que de moyens limités, je nous souhaite que le meilleur !

Alors gardez donc vos antiquités, car je ne puis me résoudre à brader la passion qui anime nos cœurs…

 

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08.05.2009

The facelift

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- Bonjour madame ! Vous montez ?

- Bonjour Monsieur... Oui... Enfin disons pluôt que je remonte !

- Ah, alors juste avant vous êtes donc descendue ?

- C'est cela, dans mon estime surtout...

- Heu.. Bien et donc là alors vous remontez ?

- Oui je remonte le temps. A la recherche d'une seconde jeunesse...

 

 

25.04.2009

Une tournée de ridicule

Pourrait-t-on un jour cesser de tourner en rond ?

Oh que ouiche ! On pourra toujours également à choix, tourner en bourrique, tourner casaque, tourner en ridicule, tourner en eau de boudin, tourner au ralenti.

Vous le voyez bien, Il y a bien assez de naturels empêcheurs de tourner rond : Les bourriques, les casaques, les ridicules, les eaux de boudin, et ce, ceux ou celles qui nous retiennent d’aller plus vite que la musique ou de tourner plus vite qu’au ralenti !

Lorsque quelque chose ne tourne pas rond, donc que la ligne de circonférence du cercle est déformée, un peu comme une trop éclatante vérité, à cause du coin d’une certitude bien carrée qui dépasse tout, il faut parfois savoir, au besoin, passer son tour et attendre que la roue se remette à tourner, par la force de l’eau qui coule sous les ponts, même de ceux qui ont du être coupés.

On mettra fin à notre tour de manège et on attendra le temps qu’il faut pour que se soit envolée la désagréable sensation de tournis, et puis, on repartira pour un tour en dessinant des ronds dans l’eau.

L’autre jour, alors que je tournais en rond au fond de mon bocal, je me suis dit qu’une page ne s’était pas encore tournée, même si j’en avais largement fait le tour. J’avais beau tout retourner et dans tout les sens, y compris ma veste, quand s’en est présentée l’opportunité.

Alors pour que ça tourne rond mais pas en rond, il va falloir d’abord que je me recentre tout autour de mon axe principal et que j’arrondisse les coins de mes idées bien arrêtées. C’est alors qu’avec un peu d’élan je pourrai repartir en tournée. Suivre le chemin tracé et toutes ses courbes. Me sentir comme un poisson dans l’eau, à chacun mon tour.

Allez c’est décidé, encore un petit tour, peut-être même le dernier.
Et pour fêter dignement le tour que prennent les choses, je déclare que la prochaine tournée, elle sera pour moi !

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