21.01.2008

Parcours transitoire

Cher citoyen lambda, sachez qu’on ne dit plus chômeur, mais personne en transit professionnel.

C’en était trop d’appeler aussi péjorativement un chat un chat en prenant le risque de lui hérisser la pilosité de l’épine dorsale.

Si vous traitez irrévérencieusement un pauvre bougre sans emploi de chômeur, il s’agira dès lors d’un propos insultant et vous risquez pour cela d’être lourdement condamné en justice à des mois de travaux d’intérêt général, emploi pour lequel ledit quidam froissé en phase transitoire, n’avait pas les qualifications requises.

Le chômeur en fin de droit, devient une personne en transit professionnel à capital d’indemnités tari et un chômeur de longue durée, une personne en transit victime d’un retard prolongé de correspondance.
On ne parle plus crument de taux de chômage, mais d’indices statistiques de l’inemploi.

e81843a9b8cb2612bfa9dfbf7b6c62ad.jpgDe nos jours, on s’exprime avec courtoisie et précision en prenant garde à anticiper tout dérapage d’outrecuidance, dans le but de ne pas offenser la dignité de son prochain moins bien loti que soi.
Grace à quelques mots choisis, la personne en parcours de transition ne perd pas son droit à la considération de ses pairs. C’est aussi ça le progrès !

A l’agence pour l’emploi :

- Bonjour Monsieur le technicien de surfaces en transit professionnel, sauf votre respect, si vous ne voyez pas d’objection à ce que je me montre un tantinet curieux, mais vos recherches en matière d’activités rémunérées se sont elles avérées fructueuses, ces dernières périodes hebdomadaires écoulées ?

- Malheureusement mon bon monsieur le conseiller en charge de mon dossier de transit, je n’ai reçu que des réponses très correctement rédigées mais néanmoins auréolées d’une touche négative de la part des moult entreprises contactées. Que voulez-vous, les temps sont durs, le marché est impitoyablement saturé et la conjoncture périclitante …

- Je comprends fort bien l’étendue de votre désarroi de devoir subir ainsi, sur vos frêles épaules, le pesant joug de l’injustice dont vous êtes frappé. Je ne voudrais pas me montrer incivil et vous faire subir d’atroce préjudice moral, mais tout à fait entre nous, vous montreriez vous enclin, de façon temporaire et purement fortuite, à signer un contrat de durée déterminée en qualité d’adjoint d’artisan en salles d’eau et calorifères ?

- Je crains fort que votre proposition outrepasse sans commune mesure la ligne de démarcation de l’ulcération de ma personne en attente de jours meilleurs. Penser une seconde qu’avec mes qualifications et mon potentiel, je puisse aller m’abaisser à exercer la profession de larbin de plombier me scandalise et bafoue mon honneur !


Pour terminer, une petite pensée pour ceux qui sont en transit et qui rament…
Courage, ne perdez pas espoir !

Et vous qui lisez ceci du haut de votre fauteuil à votre poste de travail, pensez illico à mettre à jour votre vocabulaire moderne et ne dénigrez plus votre chef. Il pourrait subitement décider de vous envoyer en transit.

06.12.2007

A moins que de plus…

e2f2229301c821ca0e25f461affdeb29.jpgEn faire plus, au moins serait déjà un plus, c'est le moins que l'on puisse dire en plus, à moins qu’à plus ou moins brève échéance, on ait moins tendance à ne plus y croire, du moins le plus clair de son temps…
Le plus souvent on râle pour moins que ça. De plus, à moins de ne plus rien n’y comprendre, on en veut toujours plus

26.11.2007

Salades de fruits et légumes

S'il n'avait pas ramené sa fraise
Et qu'il n'avait pas attrapé le melon
Il ne m'aurait pas pris le chou avec ses salades
S'il ne m'avait pas cassé les noix
Qu'il ne m'aurait pas traité de banane
J'en aurais pas eu gros sur la patate
Au point que je lui balance une pêche en pleine poire
Et lui ratatine la pastèque contre les mûres
L'éclate comme une framboise et lui presse le citron
Maintenant sur le gâteau , voilà que la cerise
C'est ses frais de dentiste qui seront pour ma pomme

Cette histoire me laisse mi-figue mi-raisin
Je me suis juste interposé entre cet haricot et l'ananas
Alors que c'était pas vraiment mes oignons
Je ne faisais que passer par hasard dans le coing
Et je ne pensais pas provoquer une volée de pruneaux

J'ai l'œil gauche comme une orange sanguine
Ca m'apprendra à vouloir, comme une courge
Ainsi maladroitement manier le bâton et la carotte
Et me mêler des histoires de ces deux grandes asperges
A la cervelle de la taille d'un petit pois

A l'avenir je resterai à l'écart, sans bouger comme un légume
Et resterai indifférent aux différents des autres derrière mon jus de fruits
Au lieu de vouloir jouer au justicier médiateur pour pas un radis

09.11.2007

Rapport alarmant

Pour attirer un chat, bien secouer la boîte de croquettes et il accourt en dérapant des coussinets sur le carrelage... (Rapport de corruption)

Pour attirer un chien, bien secouer sa laisse en lui parlant comme à un bébé de quatorze jours, et il rapplique en fouettant l'air de sa belle queue touffue... (Rapport de soumission)

Pour attirer un crocodile, bien secouer cinq kilo de viande rouge premier choix au bout d'une perche, et le prédateur rapplique la gueule grande ouverte... (Rapport de forces)

Pour attirer un homme, bien secouer ses miches et agiter le popotin en adoptant une féline démarche de panthère. Lui faire comprendre que vous êtes un cordon bleu doublée d'une fée du logis voire bien plus si réelles affinités. Lui tendre des perches et lui prouver qu'il n'aura pas à laisser tomber ses copains et ses sorties ou vendre sa belle bagnole pour pouvoir vous offrir des rivières de diamants... Il accourra en dérapant sur le carrelage en fouettant l'air de sa petite queue, la gueule grande ouverte...
(Rapport sexuel)

Moralité: On en apprend beaucoup sur les hommes en ayant des animaux domestiques...

62676d60d271c731658fd6f060b79ef1.jpg

25.05.2007

Une affaire de pardon

- Bénissez moi mon Père car j'ai péché !

- Je vous écoute, confessez vous mon fils...

- J'ai commis une légère entorse aux liens sacrés du mariage !

- En clair vous avez trompé votre femme ?

medium_démon.jpg- Oui on peut dire ça. Je suis possédé par le démon de midi, j'aimerais donc également prendre rendez-vous pour un exorcisme...



- Vous savez, je ne crois pas que ce sera nécessaire. Chaque brebis peut un jour s'égarer loin du droit chemin. Dieu nous pardonne. Et à part cet égarement, rien d'autre à me signaler pour faire d'une pierre deux coups ?

- Ben si... L'autre jour, j'ai escroqué un client, j'ai menti à ma belle-mère, j'ai dilapidé mon salaire au casino, j'ai été braconner tout l'automne, et j'ai voté pour le candidat de l'extrême droite aux dernières élections... Il va vraiment me pardonner tout ça mon Père ?

- Ben ouais Il est là pour ça mon fils, mais de votre côté, peut-être qu'il faudra prier pour le salut de votre âme, parce que votre ardoise là pour le coup, ben elle est assez lourde ! Marmonner un Notre Père et grommeler deux Je Vous Salue Marie ça va faire un peu light, limite, trop juste quoi. Mais comme cette semaine, vous êtes mon meilleur client, je peux vous proposer un gros rabais promotionnel sur une formule retraite spirituelle de trois semaines dans un monastère wellness cinq cierges avec séances d'auto-flagellation de groupe gratuites, résultats de rédemption assurés ! C'est une offre exceptionnelle que je vous propose là. Je peux m'occuper de vous organiser tout ça et je parle directement au Patron de vos bonnes résolutions pour qu'il biffe ces quelques malencontreux écarts dont vous m'avez parlé sur votre dossier personnel...

01.05.2007

Memorandum pour demain matin

1. Me lever du bon pied sans m'acharner outre mesure sur le réveil matin qui ne fait que son boulot.

2. Tituber en direction de la salle de bain pour les ablutions d'usage.

3. Me passer de l'eau fraîche sur le visage pour réveiller les cartilages.

4. Prendre une douche en chantant "ô sole mioooooo!" avec ma tessiture proche de celle de Caruso.

5. Atténuer mon haleine de chacal en me gargarisant au Buccofresh.

6. Opération brossage blancheur et fil dentaire suivi d’une méticuleuse inspection de mon râtelier d'ivoire dans la glace. ( Miroir ô bon miroir, dis moi qui est le plus séduisant en ce royaume… )

7. Eclater un bouton d’acné disgracieux puis recouvrir le cratère avec du fond de teint.

8. Etaler du gel à raser sur ce menton volontaire et ces joues saillantes.

9. Passer la quadruple lame partout jusqu'à ce que ce faciès de Dieu grec soit lisse comme un cul de bébé.

10. Appliquer l'après-rasage et pulvériser sans retenue du déodorant sous les aisselles et sur ce viril poitrail.

11. Faire un crochet tactique par la cuisine pour enclencher la machine à couler le goudron.

12. Enfiler des chaussettes propres et le calfouette léopard.

13. Boutonner la chemise et bien ajuster le col amidonné.( Prendre le temps de vérifier à ce qu'elle ne soit pas de traviole. )

14. Faire un double nœud de cravate avec mes doigts boudinés encore engourdis. ( Au besoin répéter l’opération plusieurs fois jusqu’à ce que le résultat soit à peu près convaincant )

15. Sauter dans le falzute, rentrer la bedaine et serrer la ceinture au maximum.

16. Faire un bisou à Madame le gouvernement en lui souhaitant une bonne journée.

17. Sortir cinq minutes chrono avec le clébard pour qu'il puisse marquer son territoire.

18. Repasser par la cuisine pour avaler d’une traite une tasse de carburant noir avec deux sucres.

19. Prendre mes médicaments pour le cholestérol et le transit et mes fortifiants pour le palpitant.

20. Attraper l'attaché-case et y ranger l'agenda et le contrat Ploumpouding & Co. Limited.

21. Sortir de la cahutte sans faire de bruit pour ne pas réveiller mes loupiots.

22. Jeter un œil à ma Rolex pour constater le retard cumulé et évaluer l'heure potentielle de mon arrivée à la mine.

23. Sauter dans ma Merz, démarrer en trombe et à l'embranchement prendre le périphérique Nord. Faire preuve de patience et de compréhension envers tous ces c*ns qui circulent mal.

24. Lancer un coup de fil à ma secrétaire pour justifier mon retard avec une excuse minable.

25. Lui demander de faire son possible pour repousser le premier rendez-vous à l'heure du déjeuner et les suivants à après les Saints de glace.

26. Veiller à observer les limitations de vitesse et ne pas forer dans mes narines.

medium_bouchon.2.jpg27. Eviter le bouchon de la sortie S4 de la rocade Est en empruntant le raccourci par Bledosse-les-Monts. ( Il y aura certainement un embouteillage là-bas aussi mais on ne sait jamais si on n’essaye pas…)

28. Appeler ma maîtresse pour lui confirmer ma visite pour galipettes éclair ce soir pendant mes heures supplémentaires.

29. Au feu rouge, vérifier mon apparence dans le rétroviseur central en faisant les grimaces habituelles.

30. Arrivée au bureau, la journée commence enfin. Me référer à l'agenda qui est dans ma mallette ( voir point 20 ) pour la suite du programme...


La petite pensée motivante du jour : N’est-elle dont pas belle la vie quand elle est pimentée de vicissitudes, d’inattendu et de petites contraintes ?

14.04.2007

Stob !

- Auriez-vous cher Monsieur l’obligeance, d’obliquer à droite et de ne faire obstacle à l’autobus et à cette mobylette, de ne pas obstruer obstinément la circulation ?

J’obtempère et m’immobilise sur le bas côté…

- Vous n’avez pas observé un arrêt obligatoire au Stop, objet du délit qui a eu pour objectif votre immobilisation, car sachez que je suis très observateur ce qui a figé sur mon faciès ce regard réprobateur à votre encontre…

- Veuillez souffler dans cet oblong instrument de mesure en prenant bien soin d’obstruer l’embouchure afin de vérifier votre sobriété, votre accoutumance au gobelet, au fruit du vignoble…
La problématique de la sécurité globale, voyez vous, c’est mon job, que par ailleurs j’exerce obséquieusement. On me dit même obnubilé par cette noble cause. Je ne me laisse pas embobiner. Pour d’obscures raisons qui probablement échappent à toute objectivité, il y a toujours des automobilistes ignobles, obscènes voire obtus qui, nonobstant les lois précisément édictées, désobéissent de manière obsessionnelle.

C’est bon vous êtes en règle ! Je ne vais pas oblitérer de point sur votre permis de conduire ni vous sanctionner de l’opprobre sous forme d’une obole mirobolante à l’Etat. Vous venez d’obtenir ma clémence ! Ca ira pour cette fois mais souvenez-vous : Pas d’acrobaties = Pas de bobos… Bonne route cher Monsieur !

J’ai remonté ma vitre et j’ai pensé…

Je ne bois jamais quand je conduis, mais alors il n’y a rien de plus saoulant qu’un pandore snob !

medium_stop.2.jpg

23.02.2007

Couillonnade du chef sauce Bogdanov

- Il ne neige plus Igor. Sommes-nous donc arrivés à un point de non retour météorologique nous empêchant de reculer en arrière en tournant le dos à ce qui est devant nous ?

- Oui Grichka et puis c'est entièrement de la faute au réchauffement climatique du cosmos tout entier ! L'hiver tel que nous l’avons connu est maintenant une saison obsolète !

- Oh bigre Igor , c'est sans nul doute un effet dû à l'espace temps de l'infini qui se replie sur lui même à cause du poids de la masse d'un trou noir qui aspire les molécules de froid qui franchissent la stratosphère !

- Mais alors Grichka , ne connaîtrons nous donc jamais plus de frimas ni même de givre à cause de ce dérèglement des vecteurs de déclenchements floconiques dans ce vaste méso climat ?

- Non Igor.. Et ça fait froid dans le dos ! La neige n'est plus qu'un lointain souvenir du passé ancien et disparu à tout jamais dans les limbes de l'oubli…

- Donc Grichka , nous pouvons avancer selon ce point de vue scientifique que les responsables des stations de montagne et des remontées mécaniques vont encore tirer une tête à trente six angles ?

- Oui c'est cela même Igor, malgré leurs arsenaux désormais superflus de canons à neige, ils vont avoir les boules (de neige) et par effet de dominos, le cours du sel iodé en bourse va fondre comme neige au soleil, si j'ose dire.

- Et il faut ajouter Grichka mon frérot, que le Pays va donc pouvoir faire de substantielles économies en matière de déneigement des infrastructures communautaires? Cette situation n'est donc pas aussi kafkaïenne qu'on pourrait le croire !

- Absolument Igor. D'ailleurs l'abolition de ces énormes frais saisonniers qui pesaient si lourd sur le budget des communes induira un fort allégement de l'impôt sur le revenu pour la population dès l'exercice fiscal courant. Les contribuables n'auront pas pour une fois à attendre le dégel de la situation pour bénéficier de cette nouvelle donne.

- Oh bon sang de bois Grichka, mais alors les citoyens Suisses vont pouvoir enfin se libérer de leurs chaînes (à neige) et s'adonner à des sports divers en plein air toute l'année ?

- Exactement Igor et dans la foulée ils pourront aller jusqu'à faire don de leurs Moon Boots à la Nasa pour qu'elles soient utilisées à bon escient lors de la prochaine mission sur le satellite de la terre ou il ne neige plus depuis 35 millions et demi d’années après le big bang !

- Tu veux que je te dise Grichka, je crois que je vais demander refuge et déposer mes papiers en Suisse comme ce visionnaire de Johnny Halliday. C'est maintenant un paradis fiscal et un eldorado météorologique !

- Voilà une idée qu'elle est riche Igor. Je passe vite prendre ma soucoupe volante au parking et je t'accompagne !


medium_pinguoin.JPG

02.02.2007

Le bavard de l'apéritif

[Egarements pseudo-littéraires]

Ses amphigouris exaspérants, ces billevesées déversées tout azimut à foison, son ton railleur et insoutenable, soulevaient en moi extatique inclination à souhaiter dotation du pouvoir ineffable d'endiguer d'une seule onomatopée le flot syllabique continu épanché par ce moulin à répartie confus. Une frénétique appétence m'agrippa stigmatisée par un courant frisquet parcourant mon pilier de vertèbres. Prestement le museler d'un bâillon de fortune, songeais-je, le vassaliser aux accortes vertus du silence, à la douceur des chuchotis, à la tempérance alcyonienne des messes basses, ne plus avoir à travestir mes envies de bâiller à m’en décrocher la mandibule en portant, à chaque alerte pouvant dévoiler mon ennui mortel, ma coupe de Champagne à mes badigoinces.

Mais ce babil et replet olibrius proférait encore son déluge de salmigondis à un rythme endiablé lorsque que Jean fît enfin son apparition sous la voûte du rustique vestibule.
Je lui fis un signe circonspect et je pus placer, sans manifester moindre mésaise un "Certes !" accompagné d'un hochement de tête affirmatif, nonobstant que je n'eus pas véritablement ouï ni saisi le sens de sa dernière sentence. Quand Jean s'approcha de nous, profitant du fait que mon interlocuteur conglutinant se figea soudain comme un buste de bronze, je fis les présentations. Visiblement ravi de doubler son audience, mon excessif confident volubile d'un soir, reprit de plus belle et avec gouaille, son vibrant et consternant palabre.

Subséquemment aux cinq minutes tributaires des règles élémentaires régissant la bienséance en société, j'argumentai capitulard un besoin naturel pressant pour me soustraire au monologue du quidam envahissant, en passant lâchement l’encombrant témoin de l'épreuve calamiteuse à Jean.

Jean ne me pardonna jamais ce fallacieux subterfuge de fuyard, géminé de ce méprisable abandon.
Mais que voulez vous, il ne me semblât point buvable de me laisser supplanter en bagou et grandiloquence par le premier bougre pompeux venu… Grands Dieux, j'eusse préféré au monologue de ce paltoquet, conversation à rompus bâtons avec un perroquet !


medium_ara.2.jpg

14.12.2006

Cold fashion

Il faut bien l'admettre, il y a des modes bien éphémères !

Que ce soit dans le vestimentaire et le look, le mobilier, l'art ou les objets, l'avant-garde d'hier devient le kitsch d'aujourd'hui, et on démode si vite de nos jours, qu'on risque de se trouver plus vite que raisonnablement, en retard d'une mode pour passer pour "un individu dépassé d'une autre époque, en marge du bon goût et dénué de véritable style".
Et ceci bien avant, bien sûr que l'accessoire ne soit usé, le tissu légèrement décoloré ou froissé par un quatrième lavage en machine, ou l'objet tendance couvert d'une infime pellicule de poussière...

Ensuite, les créateurs vont puiser des idées pseudo novatrices dans le "lointain" passé et nous les relancent dans la lumière de l'actualité, de vieux machins remis au goût du jour, ceux là même qu'on venait justement d'en jeter un exemplaire original en parfait état de marche en mettant un peu d'ordre dans notre grenier.

Quand les créateurs sont à cours d'idées, ils font du neuf avec du vieux, les larges rayures horizontales, le jaune "post-it" délavé ou le motif à grandes fleurs tape à l'œil comme le vieux papier peint de chez la tante Geneviève, n'étant soudain plus du tout hors du vent.

Alors on se sent forcé de faire comme tout le monde pour paraître branché et à la page, jusqu'à qu'on se ressemble presque tous au moment clé du déclin de la tendance et du point de départ du lancement de la prochaine collection qui forcément vieillira mal elle aussi et ne durera que le temps de la mise à jour de notre critère de bon goût.

Mon grand père lui est resté quelque part un peu croché dans le passé. Il est différent et il le revendique, il est nostalgique de son "bon vieux temps" et il s'en tape des défilés de mode, de ces mannequins squelettiques, des attitudes ultra matérialistes des petits jeunes qui ne sont pas encore secs derrière les feuilles de chou et du mercantilisme acharné de la prochaine saison printemps-été placardé sur tous les murs.

Il cultive son propre mode de vie totalement à contre-courant et n'allez surtout pas penser qu'il yoyotte uniquement en basant votre jugement éclair sur son apparence hors du commun...

Moi je suis très fier d’avoir un grand-père qui sort de l’ordinaire !

medium_punk_yoyo.JPG

Toutes les notes