25.05.2009
A la boutique de l’amour
- Bonjour Monsieur, pourriez-vous s’il vous plaît me guider un peu?
Je me perds parfois devant ce si vaste étalage, face à ces choix immenses. Là, je ne sais pas du tout où je devrais débuter ma dégustation…
- Mais je vous reconnais et je vous salue mon ami ! Oui je me rappelle très bien de vous, de votre dernier passage ici. C’était la semaine dernière je crois, devant ma vitrine. Je prenais une bouffée d’air frais sur le trottoir juste là devant la boutique. Ce jour là, l’air quelque peu dépité, vous m’aviez déclaré vouloir définitivement renoncer à toute consommation. Si vous êtes là à cette minute même, c’est vraisemblablement que vous avez depuis changé d’opinion. Vous ne pouvez pas vous passer de mes nectars et êtes enfin redevenu vivant et raisonnable ?
- Le simple fait que vous me reconnaissiez Monsieur m’honore et vos mots me touchent vraiment. Je m’étais toujours comporté en client des plus discrets et fuyants jusqu’ici. En effet, par moments, j’ai cru plus opportun de m’isoler de cette inestimable source de plaisir et de bonheur mais aussi souvent de désillusion, que sont vos produits.
J’ai pourtant une idée assez précise de ce qui pourrait me convenir. Quelque chose de fort et fruité, que j’imagine aussi un peu salé à fleur de peau, une douceur unique et offrant un effet apaisant sur mon corps et mon esprit. Je le sais, je me montre quelque peu difficile lorsque je demande mon chemin !
- Alors je ne peux que vous conseiller l’Exquise. Une pure merveille vous le verrez instantanément !
A la fois un doux mélange de ce à quoi vous avez pu goûter par le passé, avec une touche de fruit de la passion.
Attention, relevez la tête et dépouillez-vous de vos derniers doutes, car vous allez vous laisser séduire et être aspiré à l’intérieur d’un tourbillon.
Ca sera plus qu’une belle surprise ou une émotion que vous jugerez fugace.
Je suppose que vous êtes parfaitement prêt pour ça.
Regardez, c’est un pur concentré d’amour de vingt ans d’âge, c’est écrit juste là !
Tenez humez ce parfum et laissez vous envahir !
Dites-moi mon ami que vous allez l’aimer !
14:43 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : de l'amour à ta porte, bonheur retrouvé, je t'aime !
22.05.2009
Papillon de jour
Il ne me restait à changer qu'une seule chose
Pour parachever cette spectaculaire métamorphose
Il me fallait de la couleur sur les ailes
Pour qu'on me distingue nettement sur fond de ciel
Alors j'ai trouvé du rouge vif dans une tomate
Juste une ou deux petites touches de pinceau écarlate
J'ai déniché un jaune éclatant dans la corolle d'une jonquille
Rien qu'une légère imprégnation pour que ça brille
Je me suis roulé en entier dans le jus d'une mandarine
A peine de quoi teinter l'empennage d'un éclat sublime
Puis un dernier détour par la lavande du bout du champ
Pour le parfum et le bleu lumineux et troublant
C'est fini je ne suis plus un noctambule papillon
Qui danse toute la nuit dans la lumière des néons
Qui meurt le matin brûlé par la lumière du soleil
Qui s'endort quand tous les autres se réveillent
J'ai décoré mon existence pour attirer l'attention
Surmonté mes frayeurs et abandonné discrétion
Vous allez me voir virevolter dès que le jour se lève
Et voler chaque seconde tant que durera la si brève...

09:58 Publié dans Déballages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : papillon de nuit, caprice, maquillage, teinture, beauté
15.05.2009
Je n’ai pas le temps !
Imaginez soudain que vous soyez un gagne-tempsQue ça pourrait régulièrement être prouvé montre en mains
Vous allez devoir trouver du temps libre,
Pour aller prendre possession de votre gain…
C’est un gros paquet de temps qui passe
Qui est dès maintenant à votre entière disposition
Vous pourrez en faire ce que bon vous semblera
Même aller jusqu’à vous payer du bon temps !
Allons, il n’y a pas une seconde à perdre
Vous n’avez pas tout votre temps !
Il va falloir partir à temps mais sans courir
Aucun retard même justifié ne sera toléré
Sans quoi vous risquez de perdre votre temps !
Puis vérifiez qu’il soit fait pour durer
Et une fois que votre temps sera compté
Entreposez-le dans un espace-temps
Dès lors, à tout moment de la journée vous pourrez
Donner un peu de votre précieux temps
Et constater qu'il n’est pas toujours que de l’argent
13:39 Publié dans Garage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : personne stressée, hyperactivité, prends ton temps, demain est un autre jour
10.05.2009
Etapes de natures
Hier j’ai (enfin) ressorti ma bicyclette.
Elle était recouverte de trois bonnes années de particules de cave et de toiles d’arachnides lâchement abandonnées. C’est comme ça, c’est la nature. Et moi, apprenez que je suis de nature hautement paresseuse.
Un bref passage à la pompe (à vélo) puis à l’éléphant bleu et voilà mon cycle affichant le lustre d’antan, prêt à avaler les kilomètres de bitume et de chemins caillouteux.
Mais à la seule vue de sa selle profilée contre-nature, un peu comme un instrument de torture malsain, le problème était alors qu’en trois années de séparation d’avec mon cadre, mon postérieur s’est quelque peu habitué à la flatterie des sièges cuir de la SunOfMobile.
Le choix se résumait désormais à trois options :
- A) Il va falloir mettre de la ouate dans le fond de mon short avant d’entreprendre ce rare voyage d’agrément.
- B) Je renonce au confort et le voyage inaugural printanier sera court sans compter que l’heure de l’apéritif approche.
- C) Je renonce à l’escapade nature, l’engin est propre et c’est déjà chose exceptionnelle en soi.
A l’instar de Caroline Loeb, c’est à priori la ouate que j’préfère, mais voilà que je trouve mon placard à ouate désespérément vide de toute matière cotonneuse susceptible de tapisser mon fond de culotte. Je vais alors devoir monter à cru ! Par élimination, j’opte donc pour le plan B) et tant pis pour mon délicat séant : Il faut parfois savoir souffrir dans ce monde injuste et brutal…
Ni une ni deux, enfin si, deux au moins, me voilà lancé, la frange au vent, les mollets gonflés de vigueur.
Première étape dans un joli coin de jungle en milieu de parcours (Au kilomètre 1,6)
Quand c’est très choli tout près, à quoi bon s’emmerder à aller chercher plus loin mmmh ?
[proverbe et photo de Al Bymyself © 2009 ]
Voilà. Ne restait qu’à parcourir l’interminable trajet du retour avant d’atteindre le poste de contrôle de la deuxième étape : L’apéro, ma seconde nature !
Rien que pour mettre cette photo sur mon blog aujourd’hui, ça valait vraiment le coup de me casser le cul hier !
11:42 Publié dans Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tour de force, balade à vélo, vélo de randonnée, la petite reine
08.05.2009
The facelift
- Bonjour madame ! Vous montez ?
- Bonjour Monsieur... Oui... Enfin disons pluôt que je remonte !
- Ah, alors juste avant vous êtes donc descendue ?
- C'est cela, dans mon estime surtout...
- Heu.. Bien et donc là alors vous remontez ?
- Oui je remonte le temps. A la recherche d'une seconde jeunesse...
22:39 Publié dans Bavardages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enjoy the ride, lifting, chirurgie esthétique de la face, critères de beauté
07.05.2009
Triste cire
Je ne me sens pas particulièrment inspiré et ça n'est pas le pire.
Voyez ou j'en suis, j'ai cessé de me raser et de sourire !
A quoi bon m'émouvoir aujourd'hui, il faut seulement que je respire.
Que je n'omette point de par quelques sensations glânées me nourrir
Que je déniche quoi faire de mes mains innocentes dans cet avenir
Ou que je me laisse une fois de plus emporter dans un autre délire
Qu'on ne me confonde pas avec une statue de cire
Avec une expression figée comme les frontières d'un empire.
22:59 Publié dans Barbouillages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : passage à vide, auto portrait, face cachée, ma tête des mauvais jours
01.05.2009
Duplicata strophes
Ce matin je me suis fait doubler par mon double, c’est anormal,
Imaginez, voilà qu’une reproduction se prend pour un original !
Disparue ma réplique, dans le miroir le reflet n’est plus là.
Pourtant ô grand jamais je ne me suis plaint de ses plagiats !
Ca me dépasse que mon double ait pris les devant et que dans le trafic il soit parti.
Il ne doit être qu’à mon entière disposition et rien qu’une pâle copie !
Reviens mon ombre, te servir d’exemple fût un honneur de presque toute une vie.
Ne me laisse pas comme ça, unique en mon genre à représenter ce que je suis...
Tu t’es inspiré des mes gestes, as suivi le chemin de mes traces,
Tu as imité mes manières et copié mes émotions, malgré ma cuirasse,
Décalqué mes desseins, contrefait mes couleurs, emprunté mes mélanges,
Je m’étais attaché à tes échos et à ta présence toute à mon image !
Et voilà maintenant que tu me pastiche en y mettant du tien ?
Que tu me conseille même, ce que je devrais faire de mon destin.
C’est le monde à l’envers, tu ne devais rester qu’un discret figurant.
C’est à moi que revient le rôle de modèle du moindre de tes mouvements...
Allez prends ta liberté et arrêtons ce simulacre,
Trouve un nouvel horizon et une contagion moins médiocre,
Sois plus que le double terne d’un autre imposteur,
Sois un acteur sans rester mon unique imitateur !
14:49 Publié dans Déballages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ombre et lumière, photocopie et original, acteur et spectateur, toi et moi, le maître et l'esclave











