31.03.2009

De l'émeraude et du granit

L'alchimiste que je connais bien est le seul qui sait
Transformer le pot de terre en discipline de fer
Métamorphoser le nerf de la guerre en nerf d'acier
Convertir le soldat de plomb en statue de marbre
Changer l'éclat de verre en rivière de diamant
Faire d'un seul doigt de porto un rubis sur l'ongle

L'alchimiste que je connais bien est le seul qui sait
Transformer un cœur de pierre en cœur d'or
Mais il se dit incapable de faire évoluer ta tête de bois !

Alchimiste.jpg

27.03.2009

Faible effort

Ca y est , voilà que je navigue à nouveau aux instruments.
Heureusement que j'ai en poche le récépissé d'un gros héritage d'instinct de survie.

Une courte semaine à peine s'est écoulée après quelques jours de relâche remplis d'émotions fortes du côté des bas et plats pays. Quatre journées de reprise, de ce labeur permettant de garnir le cellier, donc trente-deux heures mi-chouette, mi-autruche et voilà que la brumasse m'empêche déjà d'apercevoir le tarmac de la piste à suivre.

Ras le bol ! Ca ne va pas aller ! Je dois changer de vie ! Celle là ne m'étanche pas proportionnellement à mon siècle qui déguerpit. Casser ce moule qui m'emprisonne, décaper la couche de vernis de protection anti-auto-rébellion ! Puis réaliser la liste des rêves en suspend en commençant par les plus fous, tant qu'à faire fort, autant épicer tous les plats !

L'hiver fût rude. Alors maintenant je réclame du redoux, une grosse portion de printemps, un nouveau souffle inédit, une grosse lampée d'élixir de liberté.

saumon.jpgAllez tiens, je plaque tout et m'en vais aller étudier les saumons atlantiques en écosse. Mais non voyons, pas pour en pêcher un spécimen et faire tirage d'un de ces portraits de ma pomme affublée du sourire de pedzouille avec ma capture crevée dans les bras ! Simplement pour les observer pendant qu'ils remontent les chutes, les rapides et les cascades ! En quelque sorte, se détériorer les burettes, juste pour ne pas déroger à la règle, ne pas transgresser les conventions de la tradition. Un peu comme nous presque tous, dans nos quotidiens avec nos métros, nos boulots et nos restes en somme.
Et puis ensuite je vais aller apprendre le machramée et dormir dans de la paille bien à l'abri dans une yourte...

La décision est prise, je repars à zéro et je fais péter le mécanisme délicat de mon système de priorités.
Mais avant de claquer la lourde, que vais je faire de tout ce confort et de tout ce réconfort ?


26.03.2009

Méfiance

Je suis très méfiant. J'ai peur de l'inconnu et je crains les gens.
J'aime avoir le contrôle, la maîtrise des événements…
D'ailleurs je ne me rends à aucun mariage ni à aucun enterrement.
Je reste terré chez moi pour éviter tout risque d'accident

Je suis très prudent. J'ai peur de la vitesse et je crains les vents
Jamais je ne prends la parole, j'aime savoir ce qui m'attend
Je préfère garder mes distances et agir calmement
Je suis asocial, renfermé et plus personne ne me comprend

Hier encore lors de ma dernière psychanalyse
Il m'a dit qu'il serait grand temps de boucler mes valises
Et de partir à l'aventure du côté de Venise
Qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise

Alors j'ai empoigné à deux mains le restant de mon courage
J'ai décidé soudainement de tourner une page
J'ai démoli pierre par pierre le mur qui faisait barrage
Et je n'ai pas emporté de méfiance dans mes bagages

A la gare j'ai décidé de retrouver le sourire
Puis j'ai laissé sur le quai le passé qui me faisait souffrir
Je suis monté dans le train en partance pour l'avenir

Et pour une fois je n'imaginais plus d'abord le pire...

18.03.2009

L'alibrique

- Où étiez-vous dimanche dernier entre 19 et 22 heures ?

- Hé bien pour dimanche soir monsieur le commissaire, j’ai un alibi en béton !

- Eh bien alors dites-moi à quel endroit vous vous trouviez !

- Le dimanche soir, je ne sors jamais de mon HLM !

- Tiens donc ! Et avez-vous des témoins, prêts à confirmer cela et pouvant de ce fait m’empêcher de le démolir votre alibi là ?


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14.03.2009

La fessée patrouille

Je le reconnais enfin publiquement, mais j'avoue que ça m'en coûte :
- J'ai été élevé au tape-tapis en osier tressé !

Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de cet accessoire, imaginez une sorte de raquette de tenis, faite à la base pour fouetter et donc dépoussiérer les tapis une fois suspendus. Votre brocanteur sera probablement heureux de vous en céder un exemplaire en bon état et à vil tarif si vous insistez...

Grâce à cette spécificité, je peux aujourd'hui me targuer d'un pédigrée rural et m'affirmer détenteur confirmé d'un popotin de robuste facture. Le sentiment d'être l'un des prolongements d'une longue lignée de durs à cuire (et du cuir), prédomine encore, dans les tréfonds de mon esprit.

C'était pour notre bien ! Une éducation à la baguette, la célébration de l'inévitable châtiment physique en cas de pétouillon de traviole, le culte de la pétoche de la poigne qui s'abattra lourdement sur le postérieur dénudé du vilain, le principe de l'obéissance et du respect versus la sanction et la culpabilité.

Parfois, je me demande si mon arrière-train fume encore, car je n'ai pas été extirpé de la série des moutards les plus sages ! Alors, une seule petite pensée pour ceux qui avaient droit à la boucle en fonte du ceinturon de leur paternel, et je suis en mesure de retenir toute manifestation résiduelle de révolte : Comparé à d'autres, je n'ai pas été trop mal loti : Ne plus pouvoir m'asseoir sur mon séant en feu pendant quelques dizaines de dizaines de minutes, ce n'était de loin pas aussi sévère que la collection de bleus de torgnoles sur toute l'anatomie.

Heureusement dans les foyers modernes, cet ustensile d'osier ou son pendant post-archaïque en plastique, a depuis été efficacement substitué par l'aspirateur. Personne ne s'en plaint, mis à part peut-être les tresseurs d'osier contraints de recycler l'entier de leurs efforts dans les paniers de ménagères et de pique-nique.

Et moi, je déclare formellement ne pas posséder de tape-tapis. Et je réfute l'idée même, de m'être à l'occasion servi de ma ceinture dans un autre but que d'éviter au possible l'embarrassante chute de mon pantalon. Et lors de mes fréquentes rondes et patrouilles du côté de leurs chambres, je n'ai jamais eu a distribuer de coup de tuyau d' aspirateur sur les croupions respectifs de ma marmaille turbulente. La crainte du tape-tapis est maintenant inscrite dans nos gênes.

Pour terminer, je dois encore vous confier une chose : Vous relater LA dernière fois !

En principe on se souviendra volontiers des premières fois, mais ma dernière raclée, elle n'est jamais sortie de ma mémoire : Un jour ou j'avais encore mérité la flagellation de fondement, j'ai habilement subtilisé le tape-tapis des mains de ma génitrice et l'ai plié dans tout les sens en le coinçant dans une porte entrebâillée, ceci jusqu'à le rendre totalement inutilisable, même pour désempoussiérer le petit paillasson de l'entrée.

Ma soudaine révolte a payé. J'étais devenu le plus fort.
Il fallait enfin que je prenne garde à ménager mon magnifique cul de babouin...

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12.03.2009

Dans la cour des glands

Le gland est un akène, c'est-à-dire un fruit sec indéhiscent ne contenant qu'une seule graine.
Il est enveloppé partiellement à sa base par une cupule, qui est en fait un involucre modifié, formé de bractées soudées.

La cour est un espace découvert et clos, faisant partie d'un ensemble de bâtiments.

C'est foutrement intéressant ce discours savant n'est-il pas ?
Et tout ça comme ça, finement ciselé des mots les plus précis, disponible en temps réél par la magie d'un long fil de cuivre et de quelques cliquetis de l'index sur le râble d'un mulot.

Comme je me sens d'humeur taquine aujourd'hui, j'offre le complément cadeau, l'épilogue bonus :

Alors en principe dans ladite cour balayée par le vent devrait se trouver un ou même plusieurs chênes dont le fameux gland et le fruit.
Car une cour libérée de ses chênes perds ses glands, c'est en tout cas ces temps le bruit qui court...

Et un bruit qui court et qui n'est que le fruit du vent dans une cour sans chêne n'intéressera pas un gland quel que soit le temps....

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11.03.2009

Cartes sur table ?

Jo, un Joker dans la fleur de l’âge se rend chez son psychanalyste.

medium_Jocker.JPGDepuis quelques temps, il a sombré dans une profonde dépression et souffre de puissantes angoisses et sur conseil de son meilleur ami le valet de pique, il consulte une fois par semaine et prend quotidiennement sa dose prescrite d’anxiolytiques.

Il faut comprendre que ce n’est pas simple de n’être toujours qu’un remplaçant, de ne pas être titulaire d’une vraie place au sein d’une famille !

C’est avant tout suite à une peine de cœur cette fois qu’il est resté sur le carreau. Le roi de pique lui avait confié avoir eu une aventure sans lendemain avec la dame de trèfle, celle qu’il convoitait en secret depuis déjà si longtemps. Ca lui avait brisé le cœur, l’avait mis au tapis et il s'était coupé du monde. Il faut reconnaître qu’il n’était pas un as en matière de séduction et depuis cette déchirante nouvelle, il n’en pique plus une dans la partie. Il se lamente et désespère. Selon lui « c’est de la triche » ou alors peut-être une mauvaise donne !

Son psy a beau faire de son mieux pour le rassurer. Lui dire que rien n’est jamais perdu, qu’il a encore bien des atouts en main, qu’il doit peut-être tenter un coup de poker en risquant de dévoiler plus clairement son jeu à la dame !

Mais Jo est du genre discret et n’est pas du genre à bluffer. Il n’est même pas un mauvais perdant. Il prend sur lui, se plie jusqu'à rompre. Il est de ceux qui se mettent à broyer du noir lorsqu’ils sont entrainés dans la zone rouge. Il a complètement perdu ses repères et ne se rend plus compte de sa propre valeur. Autant dire que ce n’est pas encore gagné !


Allez reprends toi Jo ! Il est grand temps de marquer et de ramasser des points !
Il faut te battre ! Cela ne sert à rien de rester sous la pile ou de tourner le dos.
Tu n’es pas un simple numéro. Invente tes propres règles, exploite ta différence.
La partie continue et tu auras à nouveau toutes tes chances à la prochaine mise !
Courage ! Sois positif et tu verras ce sera bientôt ton tour et tu vas faire un carton...


Si ta vie devait n’être qu’un jeu alors qui en définirait les règles ?

07.03.2009

DéRAPage controllé

[ Tentative de rap avant déménagement en banlieue ]

Tchô les keums, Sixty-Pack c'est mon blaze
J'viens d'la lieuban Nord où qu'c'est pô l'extase
J'ai pô pécho d'la haine à cause de tous ces nazes
Mais j'avoue qu'j'ai un poil la r'nommée d'un kamikaze

Quand j'esprime mon malaise avec des phrases
Ca m'empêche de me crasher au fond du vase
Avec mon gang on traîne près du gymnase
Pasqu'y a pô d'taf, on peut pô dire qu'ça gaze

L'aut'jour y a un chelou à qui y manquait une case
Qu'à voulait qu'on tchatche et qu'on s'trouve en phase
Moi j'y dis casse toi bouffon avant que j'técrase
L'avait d'jà l'air d'un tain d'casse-nebur d'sa race à la base
Moi j'aime pô les relous qui ta quiétude te rasent.
Qui t'ripoustent l'existence et qui paraphrasent !

Moi j'ai rin d'mandé à la société d'êt' au chômage...

C'est moi Sixty-Pack et je suis un véritab' balèze
Un jour ou l'aut' j'vais m'faire un max de pèze
J'vais m'extraire du ghetto et me mettre bien à l'aise
Et condamner l'clapet d'ceux qui m'disent des foutaises


[ Illustration : Jeune des banlieues qui se visse la chetron dans le carrelage ]

medium_banlieue.jpg

03.03.2009

La naissance de Nuggets le poulet

medium_Nuggets002.jpg

























Lorsque tu sortiras de ta coquille
Pour pleinement vivre ta vie
Que tu ne seras plus couvé d’attention par une mère
Protégé, remis en place par un papa souvent sévère
Tu devras par toi même distinguer la mauvaise graine
Et savoir te méfier de trop belles aubaines
Parfois tu trébucheras, pourrais même t’y casser le bec
Et devras essuyer les revers de quelques échecs
Mais tu caresseras enfin du bout de tes ailes
Ce rêve de liberté pour lequel tu te rebelles

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