29.11.2008

Rien n'est pas tout

Un jour il s’en est fallu d’un rien qu’il me prenne tout.
Et pour qu’il trouve rien, j'avais caché tout .
J'aurais jeté un sort au premier qui toucherait à tout.
Et il est reparti avec rien.

Mais il a tout de même fini par emporter tout, ce qui a servi à rien,
De toute manière il ne voyait plus rien,
Et moi je ne suis pas reparti sans rien.

On m’a dit que là-bas tout va bien !
De ne pas me torturer si je ne comprends pas tout,
Et parfois d'ailleurs même plus rien à rien...
 
Et on m'a fait remarquer que manquer de tout,
Ne remplacerait probablement jamais rien.
Que si j'oublie tout je ne manquerai de rien.

YingYang.jpg

27.11.2008

Econocomique

Sers les dents mon pote, le patron a entendu dire qu'il fallait à tout prix donner un coup de fouet à l'économie...
Mais aussitôt la crise passée, il reprendra le volant de son 4x4...

attelage.jpg

25.11.2008

Vroum service

chauffeur.jpg- Dites-moi mon bon Albert, n’auriez vous pas constaté quelque chose de changé dans le comportement de Madame la baronne ces temps-ci ?

- En effet, Monsieur le baron. Ces temps-ci, elle me demande plus souvent qu’auparavant, de la conduire en ville. Mais je suis là pour cela.

- Tiens donc ! Sa destination est sans nul doute ce manoir des beaux quartiers, celui de son amie la duchesse de Montalchic ?

- C’est bien cela Monsieur. Elle m'a confié qu'elle y prend volontiers le thé et les derniers potins de la haute société. Quand à moi, je patiente dans la cour. Je suis là pour cela.

- Dites moi Albert, je me rappelle soudain que je devais me rendre au club pour un déjeuner d’affaires. Pourriez-vous s’il vous plaît faire ce détour avant de me déposer au bureau ?

- Je suis à votre service Monsieur le baron. Je me tiens prêt en tout temps à modifier l’itinéraire prévu. Je suis là pour cela.

- Mon bon Albert, voilà 20 années que vous êtes à notre service et ma foi, votre conduite jusqu’ici a toujours été des plus exemplaire et irréprochable. Je vous prie de ne pas vous sentir offensé par ma curiosité, mais pourquoi diable, depuis toutes ces années, terminez vous toutes vos phrases par un « Je suis là pour cela » ?

- Eh bien Monsieur, je ne saurai point vous en dire exactement la raison. Mais j’imagine que si je suis toujours là, c’est pour cela !

20.11.2008

Mise au poing

coup de jeune.jpg

17.11.2008

Votre argent nous intéresse !

Bonjour très estimé pigeon,

Je m'appelle Jack Larnac et je suis le fils illégitime de Monsieur Désiré Parmaman, un haut dignitaire du gouvernement de l'Etat du Palouchdutou, résponsable de la gestion des mines d'or et de l'inestimable trésor historique de Vilinbonompatréfute. Il se trouve que ce père adoré que j'ai eu la tristesse de ne jamais connaître, m'a legué la somme folle de 1'000'000'000'000'000'000 de Lires italiennes en petites coupures usagées, que je souhaite mettre présentement et donc au plus vite en sûreté dans un grenier européen.

Je n'aimerais pas vous faire larmoyer outre mesure sur le sort qui s'acharne contre ma vénérable famille, mais mon papa a eu le grand malheur d'être la victime innocente d'une péritonite fulgurante lors d'une embuscade tendue par des trafiquants de narcotiques extrémistes et des activistes de la branche dure de l'opposition révolutionnaire anti-gouvernementale. L’appendice fragile de feu mon regretté paternel n'a pas résisté au choc émotionel lors de ce vil traquenard.

Si vous désirez ( ouiiiiinn, le prénom de mon papaaaaaaa ) me soutenir dans ma démarche logistique, il va de soi que vous toucherez une généreuse et avantageuse commission qui sera calculée en pourcents de l’acompte que vous me verserez pour financer les frais de dossier stipulant les modalités de votre désir d’entrer en matière. Et aussi vrai que je m’appelle Jack, vous ne regretterez pas (et vous souviendrez longtemps) de m’avoir tendu votre pleine main.

Les dons en espèces pour la famille en deuil et les messages de condoléances accompagnés de quelques devises, seront chaleureusement accueillis.

Que le tout puissant vous garde et vous protège des autres vautours jusqu’à la date de la transaction !

Sincèrement vôtre, Jack Larnac

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15.11.2008

Amour, gloire et fusion

usine chimique.jpgAu départ, il m'avait bien faire rire le plaisantin qui m'a affirmé avec grand sérieux que le jour ou il faudra incinérer un certain roi de la pop déchu, il prendrait fort probablement le chemin d'une usine de traitement des déchets toxiques. Je me suis alors rappelé qu'il faisait pourtant un assez beau zombie, avant une certaine série d'excès, dans son clip vidéo révolutionnaire. Encore une fiction qui ne se réalisera jamais !

Je n'y avait jamais pensé, mais c'est vrai qu'à l'époque du recyclage à gogo, comment recycler ces gogos là, le jour du trépas ? Tous ceux qui se sont implanté du silicone dans les chairs et se sont injecté des produits chimiques pour artificiellement repousser leur date limite de plus ou moins bonne conservation. Il semblerait que les résidus de médicaments eux aussi posent parfois problème à la crémation.

Ensuite il semblerait que les fours crématoires peinent à venir à bout de ces macchabées et s'encrassent, et que dire des fumées toxiques (que j'imagine verdâtres) qui iront chatouiller les narines de ceux qui respirent encore ?

Comme ces pratiques d'embellissement et de rebondissement se démocratisent, certaines familles endeuillées n'auront aucunement les moyens de s'acquitter de la facture du retraitement spécialisé. L'interéssé ayant bien sûr prioritairement dilapidé toutes ses économies chez le magicien du bistouri, et n'ayant de ce fait rien pu laisser en leg, ne serait-ce que pour couvrir les frais. Ils seront alors tentés de balancer discrètement le proche pollué qui n'aura pas été accepté par la filière normale, dans une fosse au fond du jardin, juste à côté du compost. Puis les jours de pluie, c'est la nappe phréatique qui absorbera en partie les matières nauséabondes. Elles ressurgiront forcément quelque part, par exemple par le mitigeur de la baignoire avec ou sans bulles. Plus besoin d'acheter de produit colorant et moussant pour le bain, mais comme cette eau impure nous détendra prématurément la peau, on devra nous aussi aller voir un spécialiste pour qu'il nous redonne une apparence potable (si j'ose dire).

Cher lecteur, j'arrête là ce scénario catastrophe délirant et fondé sur un simple ouï dire. Je n'aimerais pas vous couper l'appétit et éveiller en vous, une méfiance inutile quant à la qualité de l'eau que vous allez boire ou dans laquelle vous compter vous détendre avec un bon magazine de référence sur les vertus essentielles de l'éternelle jeunesse.

J'espère que j'ai peut-être seulement titillé chez certains d'entre vous, un fort sentiment positif quant à la nécessité de renforcer votre contribution au tri sélectif, ou provoqué un bref regard dans le grand miroir mural pour vous rassurer.

flammes.jpgJe peux bien faire le malin et m'amuser à rédiger ce genre de bêtise. Je dois vous avouer que je suis l'heureux implanté d'une fausse dent supposée embellir mon sourire.
Je fais ici la promesse solennelle de laisser un tournevis adéquat dans ma boîte à outils à l'attention de mes descendants, pour qu'ils puissent choisir la fusion économique et écologique et, sauf intervention future, je devrais faire assez vite de belles cendres...

14.11.2008

Aux pieds de la lettre

lettre.jpgVoilà, qu’est arrivée l’heure H !
C'est mon tour de lancer le D,
De me faire tailler un costard à la H.
L’instant 1 propice pour le V,
Les doutes sur mon K désespéré...
 
Quitte à me laisser ton B,
Depuis le plus O des sommets,
Dans l’ultime refuge du coin C,
Pour ne plus vouloir casser 2,
Avec le restant des forces que G...
 
Il vaudrait mieux attendre l’heure du T,
Et voir ce qu’il se passera avec L,
Pêcher par gourmandise et par S.

Et qu’il advienne que pour A
Avec ce destin d'homme 9...
 
 
Monsieur X, l’auteur de cette bafouille, ,m'a certifié ne pas avoir fumé de P tard.
Il m'a juste laissé ce billet pour toi et il a pris la fff8...

12.11.2008

La recette du pingouin

pingouin.jpgL’autre jour pendant le repas de midi, un voisin de table nous a affirmé, probablement pour meubler un silence trop pesant, que s’il commençait aujourd’hui à préparer chacune des recettes contenues dans ses nombreux livres, il en aurait pour plus de vingt années à manier le manche de la casserole et la touillette.

Une fois que cette information est remontée de mon canal auditif au cortex pour y être décortiquée,puis que le résultat de la procédure de comparaison successive avec les informations déjà contenues dans ma base de données est tombé dans le réceptacle à réponses, j’ai du déclencher une autre action auto-interrogative d’urgence pour en savoir plus sur ce qui et à quel moment avait pu nous différencier à ce point, ce quidam et moi, votre humble narrateur.

Donc durant vingt longues années, ce cadre supérieur des hautes écoles costumé pour le bal des gros bonnets, allait se procurer un à un et avec l’exactitude du métronome, chaque ingrédient de sa liste pour pouvoir l’ajouter dans sa grande marmite, et ce, dans l’ordre chronologique prescrit dans sa bible de la réussite. Il laissera mijoter à feu doux aussi longtemps que l’indique sa méthode, avant de pouvoir se délecter du travail accompli selon les règles de l’art, bien que concoctées par un autre chef toqué.

Mais où est la cuiller à soupe de fantaisie, le petit supplément de beurre, le zeste de citron vert improvisé, l’idée subliminale de qui n’en fera pas tout un plat, mais simplement un plat unique ?

Voilà une déclaration qui me semble bien mystérieuse ! Vingt ans d’une discipline et d’une rigueur de fer.
Pour trouver réponse, je devrais certainement le cuisiner ce curieux bonhomme, et par tous les moyens, pour qu’il finisse par se mettre à table !

Ah, le ticket du résultat du traitement de la deuxième question vient juste de tomber dans le réceptacle à réponses. Je vous le lis comme il est arrivé :

Au lieu de me poser toutes ces questions idiotes, tu ferais justement mieux de toi aussi de t’en acheter un, de ces livres de recettes.
Parce que moi ton cerveau, j’en ai vraiment ras la patate de toujours devoir goûter à tes préparations hasardeuses…

08.11.2008

Juste un peu de couleur

A toujours vouloir tout repeindre en rose,
Mettre des gants et recouvrir avec doigté
Etaler de la couleur à faibles doses
Sans faire couler de larmes et sans dépasser...

Avant qu'elle ne s'effrite ou ne s'écaille
Ajouter une deuxième couche bien épaisse
Pour masquer cette insupportable grisaille
Qui orne le mur des maladresses...

rose.jpg

02.11.2008

Toc chaud

Je souffre d'un trouble obsessionnel compulsif presque chaque matin au réveil.
Mais je crois que j'en ai déjà compris la raison docteur...


Au beau milieu de la nuit, parfois je me réveille pour changer de position, et il est impossible au neurone de l'équipe de nuit chargé du contrôle de mon bras droit de procéder au mouvement de repli stratégique nécessaire..

cerveau.jpgDonc forcément, ce dernier déclenche une alerte conformément à la procédure, réveille et convoque le gratin du bureau central opérationnel de la motricité pour une séance extraordinaire.

Monsieur Pétoche du service des enquêtes de sécurité est le premier à prendre la parole et à évoquer une piste possible :
Ce bras engourdi qui ne répond plus, ne serait-ce pas parce que la grande faucheuse, profitant sournoisement d'un congé sommeil, était occupée à extraire peu à peu de notre structure, la substance vitale, notre heure étant arrivée ? Nous serions nous réveillés mort à l'aube si l'oreiller avait été bien en place et la couette uniformément répartie sur nos deux jambes ?

Heureusement le délégué du département anti-panique intervient et soulève une autre hypothèse plausible : Ce n'est probablement qu'une défaillance d'un agent de la circulation sangine qui se serait endormi à son poste et qui devrait immédiatement se voir gratifier d'un blâme.

Mais c'est alors que le responsable de production de la chaîne pulmonaire tape du poing sur la table : Ah non ça suffit, hein, cessez de toujours minimiser les causes des multiples défaillances structurelles que nous avons à déplorer ces temps-ci ! Tout ceci est à mettre sur le compte des incapables des addictions ! Ils n'ont toujours pas été à même de régler, le pourtant déjà très ancien problème de tabac. Ce qui forcément multiplie les pannes et complique la tâche des agents de la circulation sangine qui peinent à respecter les délais.

Messieurs calmez vous, coupe alors le grand patron. Si nous ne voulons pas que notre entreprise periclite, il faut que nous recherchions des solutions tous ensemble, des cadres de la matière grise aux neurones de base chargés de l'élimination des déchets. Oh je vous ai vu grimacer Monsieur vésicule biliaire et je vous ai vu esquisser une mine réjouie Monsieur migraine, mais j'aimerais vraiment que dès aujourd'hui, vous tous, vous cessiez de distribuer des mauvais points aux autres secteurs d'activité que le vôtre.

Voici mon analyse de ce qui vient de se passer : Vous voulez tous devenir des neurones importants et monter en grade pour vous la couler douce, ce qui alourdit la masse de la tête de notre entreprise et diminue dangereusement le nombre d'éléments productifs. Cette si lourde tête posée durant des heures sur un bras immobile empêche la circulation en flux tendu de l'un de nos principaux produits par les canaux de distribution habituels. Au bout de la chaîne, le client final qui n'est plus alimenté en quantité suffisante finit par perdre patience et va jusqu'à cesser de répondre à nos sollicitations. Puis le manager du service qualité tire la sonnette d'alarme, réunit tout ce petit monde qui, au lieu de prendre les décisions qui s'imposent, se laissent aller à bien hasardeuses conjectures.

Voilà ce que je propose pour réagir à la situation qui nous préoccupe : Pour parer au plus pressé, nous allons tout simplement utiliser les forces de la branche saine de la société, c'est-à-dire le bras gauche, pour apporter provisoirement son soutien dans cette crise. Une fois notre positionnement sur le marché du sommeil assainie, nous retournons tous dormir et dès demain à la première heure, la secrétaire du service mémoire met au propre le protocole de cette séance et nous aviserons s'il y a lieu de faire appel au soutien d'un consultant externe pour régler ce cas précis. Puis nous définirons en réunion avec le conseil d'administration si ne devrons pas procéder à une restructuration pour nous préparer à mieux faire face à nos prochaines échéances...

Je souffre d'un trouble obsessionnel compulsif presque chaque matin au réveil.
Mais je crois que j'en ai déjà compris la raison docteur.
J'ai peur des décisions qu'on pu prendre mes actionnaires pendant que je me blottissais dans les bras de Morphée. Alors la première chose que je fais avant même de soulever une paupière, c'est vérifier si je suis encore chaud.






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