15.11.2008
Amour, gloire et fusion
Au départ, il m'avait bien faire rire le plaisantin qui m'a affirmé avec grand sérieux que le jour ou il faudra incinérer un certain roi de la pop déchu, il prendrait fort probablement le chemin d'une usine de traitement des déchets toxiques. Je me suis alors rappelé qu'il faisait pourtant un assez beau zombie, avant une certaine série d'excès, dans son clip vidéo révolutionnaire. Encore une fiction qui ne se réalisera jamais !
Je n'y avait jamais pensé, mais c'est vrai qu'à l'époque du recyclage à gogo, comment recycler ces gogos là, le jour du trépas ? Tous ceux qui se sont implanté du silicone dans les chairs et se sont injecté des produits chimiques pour artificiellement repousser leur date limite de plus ou moins bonne conservation. Il semblerait que les résidus de médicaments eux aussi posent parfois problème à la crémation.
Ensuite il semblerait que les fours crématoires peinent à venir à bout de ces macchabées et s'encrassent, et que dire des fumées toxiques (que j'imagine verdâtres) qui iront chatouiller les narines de ceux qui respirent encore ?
Comme ces pratiques d'embellissement et de rebondissement se démocratisent, certaines familles endeuillées n'auront aucunement les moyens de s'acquitter de la facture du retraitement spécialisé. L'interéssé ayant bien sûr prioritairement dilapidé toutes ses économies chez le magicien du bistouri, et n'ayant de ce fait rien pu laisser en leg, ne serait-ce que pour couvrir les frais. Ils seront alors tentés de balancer discrètement le proche pollué qui n'aura pas été accepté par la filière normale, dans une fosse au fond du jardin, juste à côté du compost. Puis les jours de pluie, c'est la nappe phréatique qui absorbera en partie les matières nauséabondes. Elles ressurgiront forcément quelque part, par exemple par le mitigeur de la baignoire avec ou sans bulles. Plus besoin d'acheter de produit colorant et moussant pour le bain, mais comme cette eau impure nous détendra prématurément la peau, on devra nous aussi aller voir un spécialiste pour qu'il nous redonne une apparence potable (si j'ose dire).
Cher lecteur, j'arrête là ce scénario catastrophe délirant et fondé sur un simple ouï dire. Je n'aimerais pas vous couper l'appétit et éveiller en vous, une méfiance inutile quant à la qualité de l'eau que vous allez boire ou dans laquelle vous compter vous détendre avec un bon magazine de référence sur les vertus essentielles de l'éternelle jeunesse.
J'espère que j'ai peut-être seulement titillé chez certains d'entre vous, un fort sentiment positif quant à la nécessité de renforcer votre contribution au tri sélectif, ou provoqué un bref regard dans le grand miroir mural pour vous rassurer.
Je peux bien faire le malin et m'amuser à rédiger ce genre de bêtise. Je dois vous avouer que je suis l'heureux implanté d'une fausse dent supposée embellir mon sourire.
Je fais ici la promesse solennelle de laisser un tournevis adéquat dans ma boîte à outils à l'attention de mes descendants, pour qu'ils puissent choisir la fusion économique et écologique et, sauf intervention future, je devrais faire assez vite de belles cendres...
18:36 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chirurgie esthétique, implants, apparence, éternelle jeunesse







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